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Coronavirus...

Dernière mise à jour : 17 nov. 2020


En ces temps de confinement et d'annonce quotidienne de décès/malades/survivants, nous subissons un flot d'information relayé par les médias, les réseaux sociaux, nos proches... Entre les débats d'experts (officiels ou autoproclamés), les jubilations journalistiques, les agressions politiques, les commentaires de tout un chacun, il est possible de se sentir un peu perdu et esseulé, si l'on ne rentre pas dans la danse de l'anecdote et du commentaire, ou de la propagation de rumeurs. Les informations pullulent, et leur vitesse de diffusion répond au besoin impatient de chacun de savoir à quoi s'en tenir, de se projeter dans le futur, de retrouver un peu de stabilité, de sécurité,...


Nous voyons également fleurir les avis et commentaires de chefs spirituels, éveillés new-âge, religieux, et autres gourous qui croient voir dans cette expérience, qui, des signes du destin, qui, de la parole de Dieu, qui, d'un avenir plein d'espoir, qui, d'un futur sombre,... On peut s'étonner parfois du niveau d'analyse et de commentaire de certains de ces "chefs" que ce soit d'un point de vue scientifique, comme d'un point de vue "spirituel". Paraphrasant un enseignant spirituel très connu, nous pourrions dire qu'il nous faut garder à l'esprit que "ce n'est pas parce qu'ils sont éveillés qu'ils sont intelligents". Certain(s) auront sûrement eu raison, à posteriori, c'est la loi des probabilités. Cela le(s) rendra-t-il plus pertinent(s) et clairvoyant(s) à l'avenir ? Il est possible d'en douter. L'histoire en témoigne. 


Nous nous garderons donc de rajouter encore à la confusion générale et à la multitude de plans sur la comète tirés depuis 2 mois. Peut-être n'y a-t-il qu'à accepter (temporairement ?) que nous ne sachions pas grand chose, ni du passé, ni du présent, ni de l'avenir. La vie libre, réelle, n'est-elle pas en elle-même non sécurisée, non cadrée, mystérieuse et toujours en devenir ? Ne résistons donc pas au plaisir de se remémorer une petite histoire traditionnelle de sagesse Zen, bien connue, et attribuée par certains à Lao-tseu :

"Un pauvre paysan travaillait dur, aidé dans les travaux des champs par son fils unique. Rassemblant toutes ses économies, il partit un jour au marché et acheta un superbe et puissant cheval blanc pour l'aider dans son travail. Ses voisins, voyant cela, proposèrent au pauvre paysan d’acheter son cheval. Le paysan leur répondit : " Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, je ne veux pas le vendre ".
Un jour, le cheval sauta la clôture et disparut. Les voisins passant devant l’écurie dirent au fermier : " Imbécile ! C’était prévisible que cette bête serait volée un jour ! Pourquoi ne pas l'avoir vendue ? Quel malheur ! ". Le paysan se montra plus circonspect : " N’exagérons rien dit-il. Le cheval ne se trouve plus dans l’écurie, c’est un fait ! Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Qui sait ce qu’il adviendra ? ". Les gens se moquèrent du vieil homme. Il le considérait depuis longtemps comme un simple d’esprit. Deux semaines passèrent, et le cheval revint soudainement. Il n’avait pas été volé ; mais avait batifolé dans les grands espaces et ramenait avec lui une douzaine de chevaux sauvages. Les gens vinrent rendre visite au vieil homme : "Vous aviez raison, ce n’était pas un vol. Quelle chance ! C'est une bénédiction !". "Je ne dirais pas cela, répondit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Peut-on connaître un livre en ne lisant qu'une phrase ? ". Les gens se moquèrent de lui. Douze chevaux de plus ne pouvait être qu'une bénédiction ! Le paysan demanda un jour à son fils de dresser les chevaux sauvages. Mais l'un des chevaux jeta son cavalier à terre et le piétina, lui cassant une jambe. Les gens commentèrent : "Pauvre ami, quelle malchance ! Tu avais raison, ces chevaux n'étaient pas de bonne augure. Ton fils unique est estropié. Qui donc t'aidera pour les travaux de la ferme ?" " Voyons, " rétorqua le paysan, " n’allons pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de sa jambe, voilà tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? Qui peut prédire l’avenir ". Les gens se moquèrent de lui. "Quel imbécile ! Son fils estropié comment va-t-il semer et récolter le grain ?" Quelque temps plus tard, une guerre éclata. Tous les jeunes hommes du village furent enrôlés dans l’armée, sauf le fils estropié du vieil homme. Les gens dirent : "Vieil homme, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher correctement, mais il reste auprès toi, tandis que nos fils partent à la guerre.". "S'il vous plaît, répondit le paysan, ne jugez pas trop vite. Vos fils sont enrôlés dans l’armée, le mien reste avec moi, c’est tout. Est-ce un bien ou un mal ? Qui peut le dire ? ".


RESPIRE L'AMI. RESPIRE.

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